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A mon propos


A la question posée récemment :

Qu’avez-vous fait de la photographie ?

J’ai répondu :

Le plus approprié pour moi serait d’utiliser une image :
La photographie est ma seule fidèle compagne depuis plus de vingt ans!
Sortir de l’école d’Arles fut comme sortir d’une mairie bras dessus bras dessous, en plein soleil, pour le meilleur et pour le pire.

Je passe donc ma vie en sa compagnie, où chaque jour est une relation ambiguë. Cet attachement quotidien change en fonction de l’humeur et se joue de moi. Cette fréquentation d’avec elle et la lumière m’évoque soit la fougue des premiers émois, ou la lassitude éprouvée face à ma putain triste, soit encore cette émotion très forte qui va à l’encontre de la raison.

J’aime m’adonner à la photographie, concubine de mon regard, Je vis de l’espoir qu’elle nourrit en me suggérant chaque nouveau jour que fait le soleil, de concevoir ensemble la meilleure de mes photographies. Je la laisse se muer en agent versatile et par là même me grimer en bon ouvrier de l’image pour me porter naturellement à sculpter et façonner le réel à l’imaginaire de mes idées.
En muse fertile, elle m’offre son corps pour saluer d’une image, enlacer d’un sourire ce, celui ou celle que je vais opérer. Je laisse sa bouche parler en mon nom à mon semblable pour le convaincre d’être mon prochain photographié.

Que je renseigne un paysage ou un visage, mon amante maîtresse me laisse caresser son corps à l’épiderme palpitant, enclin à restituer les blessures et les cicatrices, les empreintes de mes sujets. Je vis avec celle qui détient les clefs des portes du passé et prononcer son nom m’ouvre celles du présent, habituellement inaccessibles pour le commun des regards.

Je trouve le réconfort de remplir avec honneur les seconds rangs selon Boileau quand il advient que mon égérie tragique me soit infidèle avec un autre, plus ostensible et manifeste. Peu importe ses intrigues pour m’humilier, je sais qu’elle me reviendra et me donnera – encore et encore – plaisir à voir ainsi qu’à l’autre qui m’a ravi pendant ce moment décisif, ma garce volage.

Plutôt que de conjuguer au passé nostalgique comme j’ai perçu la question en la lisant, Je préférerai aborder cette phrase au présent: Que fais-je de la photographie ? Et plutôt encore vous dire ce que la photographie a fait de moi. Mais vraiment, ce que j’ai commis avec la photographie, ce sont les images que je conçois avec elle et qui donnent le mieux la réplique à l’interrogation posée.